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Reconnaître les signes d'alerte : quand le comportement de votre enfant peut nécessiter un soutien

  • veronicaonyige
  • il y a 2 jours
  • 7 min de lecture

En tant que parents, nous devenons naturellement experts de nos enfants, apprenant leurs habitudes, leur personnalité, leurs préférences et leurs petites manies. Mais il arrive que certains comportements suscitent l'inquiétude, non pas parce qu'ils rendent l'enfant « mauvais » ou « anormal », mais parce qu'ils peuvent indiquer un besoin de soutien supplémentaire. Le comportement est une forme de communication, et lorsque les enfants ont du mal à répondre aux attentes à la maison, à l'école ou dans la communauté, il est important d'être attentif à ce que leur comportement tente de nous révéler.

En analyse appliquée du comportement (ABA), nous nous concentrons sur les comportements observables et mesurables, et non sur les diagnostics. Nous n'étiquetons pas les enfants et ne pathologisons pas leurs différences. Nous observons plutôt les schémas comportementaux qui peuvent révéler un trouble du développement ou une lacune dans l'acquisition de compétences, et nous utilisons des stratégies éprouvées pour enseigner des aptitudes utiles et fonctionnelles. Cet article vise à informer et à éclairer, non à établir un diagnostic, mais à aider les familles à reconnaître les comportements qui pourraient bénéficier d'une intervention ou d'un soutien précoce.


De nombreuses familles font appel aux services d'ABA après avoir constaté un ensemble de comportements qui entravent l'apprentissage, les interactions sociales ou la régulation émotionnelle. Ces comportements peuvent être subtils au départ, ou sembler « typiques » jusqu'à ce qu'ils persistent ou s'intensifient avec le temps. Certains de ces signes d'alerte sont étayés par la recherche clinique, tandis que d'autres reposent sur des années d'expérience professionnelle et personnelle auprès d'enfants atteints d'autisme, de TDAH et de troubles du développement apparentés.


Voici quelques signes comportementaux courants pouvant indiquer un besoin de soutien :

  1. Difficultés de concentration ou à rester attentif à une tâche. Un enfant peut sembler distrait, passer d'une activité à l'autre ou paraître incapable d'ignorer les stimuli non pertinents. Il peut se concentrer intensément sur quelque chose sans rapport avec la tâche, manquant ainsi les informations essentielles présentées. Ce comportement est fréquent chez les enfants présentant un trouble déficitaire de l'attention.

  2. Des erreurs d'inattention fréquentes ou des détails négligés. Cela peut se traduire par un travail incomplet, un exécution précipitée des tâches ou l'omission d'étapes importantes, même lorsque l'enfant est capable d'accomplir la tâche.

  3. Perdre des objets ou oublier des étapes. Égarer des objets comme des jouets, des livres ou du matériel scolaire peut sembler anodin, mais si cela devient une habitude, cela peut indiquer des problèmes de mémoire de travail ou de fonctions exécutives.

  4. Agitation, mouvements excessifs ou difficulté à rester assis. Les enfants peuvent être constamment en mouvement, grimper sur les meubles, se tortiller sur leur chaise ou quitter leur place pendant les activités structurées. Ceci est souvent associé à l'hyperactivité.

  5. Parler excessivement ou interrompre les autres. Les enfants peuvent parler sans y être invités, couper la parole aux autres ou faire des remarques sans rapport avec le sujet. Si certains enfants sont naturellement bavards, une impulsivité constante dans la conversation peut rendre les interactions sociales difficiles.

  6. Difficulté à attendre son tour ou à suivre les consignes d'un groupe. Que ce soit dans les jeux, les routines scolaires ou les conversations, l'attente est une compétence qui peut nécessiter un enseignement explicite en cas d'impulsivité.

  7. Crises de colère et crises émotionnelles. Ces violentes manifestations émotionnelles peuvent survenir lorsqu'un enfant se sent dépassé, privé de quelque chose ou contraint de passer d'une activité à l'autre. Comprendre la fonction de ce comportement est essentiel pour y remédier efficacement.

  8. S'effondrer par terre, refuser d'accomplir des tâches ou fuguer : ces comportements peuvent refléter une volonté d'échapper à des tâches difficiles ou à une gêne sensorielle. Les enfants peuvent quitter la pièce, s'enfuir en public ou s'effondrer au sol lorsqu'on leur pose des exigences.

  9. Les allers-retours, les rotations, les battements de mains ou autres comportements moteurs répétitifs ne sont pas nécessairement nocifs, mais peuvent indiquer des besoins de régulation sensorielle ou servir de forme d'autostimulation (connue sous le nom de « stimming »).

  10. Discours répétitif ou écholalie. Certains enfants répètent des répliques d'émissions (scénario), font écho à ce que disent les autres (écholalie) ou parlent d'une manière qui semble déconnectée du contexte actuel.

  11. Difficultés de concentration et évitement des tâches. Un enfant peut commencer une activité, mais se désintéresser rapidement, se laisser distraire ou avoir besoin d'être constamment recentré.

  12. Interactions sociales limitées ou difficultés à interagir avec les pairs. Les enfants peuvent préférer jouer seuls, avoir du mal à respecter leur tour de jeu ou ne pas réagir aux tentatives d'approche sociale des autres.

  13. Difficultés à entamer ou à maintenir une conversation. Un enfant peut être capable de parler, mais ne pas savoir comment commencer, poursuivre ou répondre à une conversation. Son vocabulaire peut être limité, il peut ne parler que lorsqu'on l'y encourage, ou réciter des phrases apprises par cœur.

  14. Difficultés à exprimer ses besoins, ses désirs ou ses émotions. Cela peut engendrer des comportements liés à la frustration, tels que l'agressivité, les crises de colère ou le repli sur soi.

  15. Intérêts restreints ou jeux répétitifs. Un enfant peut se focaliser sur un seul jouet, sujet ou activité, à l'exclusion de tout autre : aligner des objets, se concentrer excessivement sur des parties plutôt que sur le jouet dans son ensemble, ou regarder la même vidéo en boucle.

  16. Résistance au changement ou aux transitions. Des bouleversements inattendus de la routine peuvent engendrer de la détresse ou des réactions comportementales. La flexibilité peut être une compétence acquise chez certains enfants.

  17. Sensibilités sensorielles ou comportements de recherche sensorielle. Les enfants peuvent se boucher les oreilles pour se protéger des sons, éviter certaines textures ou rechercher activement le mouvement et les stimulations par pression profonde. Ces sensibilités se manifestent souvent aussi dans les habitudes alimentaires. Certains enfants présentent une sélectivité alimentaire extrême : ils refusent des groupes d’aliments entiers, évitent certaines textures ou ne consomment que des aliments d’une couleur, d’une température ou d’une marque particulière. Si de nombreux jeunes enfants ont des préférences alimentaires, des comportements alimentaires persistants ou rigides qui limitent leur apport nutritionnel ou perturbent leurs routines quotidiennes peuvent indiquer un besoin d’accompagnement.

  18. Éviter le contact visuel ou éprouver une gêne lors des interactions directes. Dans certaines cultures, cela ne pose pas de problème, mais associé à d'autres difficultés sociales, cela peut indiquer la nécessité d'une évaluation.

  19. Faible tolérance à la frustration ou pensée rigide. Un enfant peut être angoissé lorsque les choses ne se passent pas comme prévu ou insister pour que les choses soient « exactement comme il faut ».

  20. Troubles du sommeil persistants. Les difficultés chroniques d'endormissement, de maintien du sommeil ou les réveils fréquents nocturnes dépassent le simple trouble du sommeil lorsqu'ils affectent significativement l'humeur, l'attention ou le comportement de l'enfant durant la journée. Un sommeil de mauvaise qualité peut entraîner une augmentation de la labilité émotionnelle, de l'agressivité, de l'inattention et des difficultés d'apprentissage. Bien que les troubles du sommeil soient fréquents chez les enfants, leur persistance peut indiquer la nécessité d'une intervention comportementale et de la mise en place de routines structurées favorisant une bonne hygiène de sommeil.

  21. Un retard de développement du langage, un vocabulaire limité, des difficultés à former des phrases, voire l'absence totale de langage à un certain âge, sont autant de raisons de demander de l'aide.

  22. Régression des compétences. Un enfant qui possédait auparavant des mots, des aptitudes ludiques ou une interaction sociale, mais qui les a perdues (par exemple, il cesse de parler, de répondre à son nom ou d'établir un contact visuel), peut présenter un signe d'alerte qui mérite une attention particulière.

  23. Habitudes rigides et forte résistance au changement. Détresse extrême lors des perturbations des routines ou des transitions (par exemple, changement de classe, de repas ou d'ordre des activités). Besoin impérieux de constance : porter les mêmes vêtements, suivre le même chemin ou ranger les jouets d'une manière précise.

  24. Jeu inhabituel ou absence de jeu fonctionnel. Jeu symbolique limité ou utilisation des jouets non conforme à leur usage prévu (par exemple, faire tourner les roues d'une voiture miniature au lieu de faire semblant de la conduire).

  25. Hyperfocalisation ou fixation sur des sujets spécifiques. Intérêt profond et répétitif pour un sujet précis (par exemple, ne parler que des horaires de train ou mémoriser les drapeaux des pays), parfois associé à une difficulté à passer à d'autres tâches ou conversations.

  26. Références sociales limitées . Absence de prise en compte des expressions faciales ou des réactions des personnes qui s'occupent de l'enfant dans des situations inhabituelles (par exemple, un enfant ne se retourne pas vers un parent lorsqu'il entend un bruit fort ou lorsqu'il entre dans une nouvelle pièce).

  27. Comportements auto-agressifs (CAA). Se cogner la tête, se mordre les mains, se gratter le visage ou adopter d'autres comportements entraînant des blessures ou un risque de blessure. Ces comportements constituent des signaux d'alarme urgents nécessitant une prise en charge professionnelle.

  28. Agression ou destruction de biens. Frapper, donner des coups de pied, jeter des objets ou casser des choses, surtout lorsqu'on tente de communiquer ou de faire face à une exigence ou à une transition.

  29. Peurs ou phobies envahissantes. Peur extrême ou persistante de situations inoffensives (par exemple, l'aspirateur, les toilettes publiques, le bruit de l'eau/de la télévision, les insectes) qui perturbent le fonctionnement quotidien.

  30. Manque de vigilance. Course effrénée dans la rue, escalade d'objets dangereux, mise en bouche d'objets non sécuritaires (pica). Comportements témoignant d'une faible conscience du danger et pouvant mettre l'enfant en danger.

  31. Faible maîtrise de soi ou des émotions. Crises de colère très intenses ou prolongées en réaction à des changements ou des dénis mineurs. Difficulté à se calmer sans aide extérieure (par exemple, besoin d'un adulte pour se rassurer après une petite frustration).

  32. Difficultés dans les activités de la vie quotidienne. Difficultés pour s'habiller, aller aux toilettes, se laver les mains, se brosser les dents ; retards supérieurs à ceux généralement observés pour l'âge et malgré un enseignement répété.


Il est important de se rappeler qu'aucun comportement isolé ne définit un enfant. Chaque enfant se développe à son propre rythme, et les difficultés occasionnelles font partie intégrante de sa croissance. Cependant, lorsque ces comportements nuisent à l'apprentissage, à la sécurité, aux relations ou à l'autonomie, ou lorsqu'ils semblent persistants et résistants aux stratégies parentales habituelles, il est peut-être temps de solliciter l'aide d'un professionnel. De nombreux parents font également état d'une intuition, d'un sentiment que quelque chose ne va pas, même si personne d'autre ne le remarque encore. Faire confiance à cette intuition et demander de l'aide rapidement peut mener à de meilleurs résultats.

La thérapie ABA ne s'adresse pas uniquement aux enfants autistes. Elle peut répondre à un large éventail de besoins, notamment en matière d'attention, de communication, d'autonomie, de régulation émotionnelle et de développement social. Notre objectif n'est jamais de « réparer » un enfant, mais de l'aider à s'épanouir en lui enseignant des compétences qui favorisent son indépendance et améliorent sa qualité de vie.


 
 
 

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